OPERATION "GODORIA"
Une cooperation franco-djiboutienne exemplaire
Simultanement, toujours aux abords de la frontiere nord, se poursuit
une autre operation : "Lynx Mike", alors que sur la frontiere Sud, une
unite du "5" se tient prete a intervenir face a des elements
desorganises non identifies, agissant contre les nomades indigenes.
Disposant d'une compagnie de marche, d'un peloton blinde, de deux
sections du 17eme RGP et d'un gros element de la CCS du capitaine
Bouthier, le Chef de Bataillon Guehenneux, commande ce detachement. Il
s'agit initialement de depolluer une zone frontaliere de 150km2, de
rassembler, de desapprovisonner, d'inventorier et de remettre aux
autorites djiboutiennes les armements abandonnes. En fait, cette
operation qui necessitera des moyens logistiques considerables se
durcit par l'afflux permanent de troupes ethiopiennes restees en
arriere garde de la division. Ainsi, pendant 12 jours, le sous
groupement du Commandant Guehenneux, seconde par le capitaine Gastaldi
et le medecin des armees Rock intercepte, desarme, soigne, alimente et
abrite plus de 1 100 refugies militaires et civils. De jour comme de
nuit, a partir d'une piste de circonstance ouverte et balisee par la
batterie Lecornec, sept rotations de Transall les evacuent en direction
d'Obock. En cooperation permanente et etroite avec l'AND, le
detachement "Lynx Mike" recense des milliers d'armes individuelles et
collectives, regroupe les T55, ZSU 23/2, BTR et BRDM, detruit enfin les
50 tonnes de munitions deconditionnees de tout calibre.
Ainsi, le 13 juin 1991, s'acheve une operation qui aura focalise toutes
les energies pendant pres de trois semaines et qui aura mis en valeur
l'importance du soutien logistique organise depuis la base arriere par
les lieutenant-colonel Mathieu et Gardey. pour la premiere fois depuis
l'accession a l'independance de Djibouti, l'armee nationale
djiboutienne et les forces francaises placees en ambiance hautement
operationnelle, auront prouve la validite des accords de defense liant
les deux pays et leur determination a les appliquer. Entraine depuis
toujours sur son terrain d'action, rompu aux situation extremes, servi
par des personnels engages et volontaires competents et disciplines, le
"5" a concouru au succes de cette mission de sauvegarde de la
Republique de Djibouti. Cette cooperation s'inscrit dans les plus
nobles traditions de l'Arme. Le climat d'estime et de confiance
entretenu depuis toujours entre marsouins et militaires djiboutiens a
encourage cette cooperation exemplaire pratiquee spontanement sur le
terrain. Parfaitement impregnes de l'esprit de la mission, les
marsouins, du colonel au simple soldat, ont su exiger de cette armee
ethiopienne, demoralisee, mais toujours encadree, la stricte
application des ordres emanant des autorites civiles et militaires,
djiboutienne et francaises, en commencant par le desarmement avant de
leur apporter le soutien en vivres devenu indispensable.
Pour les marsouins du 5eme RIAOM, cette operation revet enfin un
caractere hautement symbolique. Tout comme leurs grands anciens a
l'assaut a Douaumont au coude a coude avec le bataillon somali, ils ont
ecrit une nouvelle page d'histoire et gardent le souvenir de ceux qui
ont souffert dans la meme fraternite d'armes.
- Caporal li Mohammed Nassib (AND), decede
- Sergent Houssein Aden Amareh (AND), blesse
- Cavalier Idriss Djama Egueh, blesse
- Marsouin Foucault (5eme RIAOM), blesse par arme blanche