OPERATION "GODORIA"

Objectif : la defense des frontieres

Le 30 mai, 08h45, la frontiere nord du pays : l'adjudant Lavedrine, chef de peloton installe depuis deux jours en couverture Nord, observe des mouvements suspects. Il identifie bientot des engins erythreens et rend compte du deploiement a distance de tir, d'un bataillon mecanise T55 - BMP appuye, depuis la mer, par cinq vedettes rapides. Avec calme et sang froid, le capitaine Houze se porte a la rencontre de cette troupe qui reclame la restitution immediate des materiels  et armement abandonnes par l'armee reguliere. Bientot rejoint par le ministre de la defense djiboutien et survole par une patrouille de Mirage F1, le bataillon erythreen renonce momentanement a son action et fait demi-tour. Face a cette nouvelle menace, le colonel Delort decide de renforcer le nord avec la 1e compagnie et un escadron d'ERC 90. Une nouvelle fois, la Marine nationale est mise a contribution et c'est l'escadron Bierman, en soutien de l'AND, qui se porte face a ces troupes etrangeres demeurees en observation, en territoire ethiopien.
Paralelement, l'armee nationale renforce considerablement son dispositif de protection de la frontiere nord. Aussi, pendant les jours qui vont suivre, marsouins du 5eme RIAOM, légionnaires de la 13eme DBLE, cavaliers du Bataillon Zakaria, fantassins du Groupement Kayad, parachutistes de la Compagnie Outhe et artilleurs de la batterie Omar Bouh manoeuvrent pour un objectif commun : la defense des frontieres. Sur la breche depuis maintenant 17 jours, le PC tactique du regiment coordonne l'action de ses unties de combat, de l'aviso escorteur Destroyat, des patrouilles Mirage F1 et F1 Cr et du PUMA detache pour la circonstance. Pendant ce temps, le capitaine Francois, officier logisitique, s'affaire jour et nuit sur les materiels chenilles et a roues, sovietiques et est-allemands. Il procede a leur convoyage, a leur traction ou a leur transport en direction d'un point de regroupement situe plus au sud, en attente d'etre restitues aux autorites legales ethiopiennes.

54°C : la colonne souffre



Eclairee, flanc gardee, surveillee par les blindes et l'infanterie du "5", la colonne s'etire parfois sur 60 km. A la tete de son peloton d'investigation forme pour la circonstance, le capitaine Hery surveille les intervalles et regroupe les retardataires, pendant que le chef de corps, a bord d'un puma, coordonne l'action et que le chef  de batailllon Garcia, en Alouette II, surveille les abords semi-lointains a la recherche des fuyards ou des egares. L'integrite du convoi demeure le souci majeur ; mais les pannes se succedent, les sorties de route se multiplient, les moteurs s'essouflent. Le chef de bureau operationnel, le lieutenant-colonel Marengo, rearticule les moyens de combat, reoragnise les rame, coordonne les manoeuvres interamrees avec l'Edic, les Ctm et les SA 330 charges de l'approvisionnement. Le soleil est torride, la temperature atteind 54°C sur le plateau d'Obock et dans les canyons du Goubet. L'approvisionnement en eau et alimentation prennent dans ces conditions une importance vitale. La deshydratation, le coup de chaleur menacent ces refugies entasses a plus de cent dans des camions decouverts. L'action du medecin chef Demaille est alors determinante : a chaque halte, il soigne jusqu'a soixante consultants. Certains, touches durant les derniers combats, presentent des blessures graves. Les ravitaillements en eau, initialement organises par citerne, tournent a l'emeute qu'il faut immediatement canaliser. Une noria d'helicopteres assure un pont aerien entre Djibouti et le convoi et livrent, de jour comme de nuit,  des tonnes de dattes, aliment energetique, facile de distribution et tres apprecie dans la region. Enfin, les camions de transport de la CCS, associes a ces mouvement logistiques, completent efficacement ces moyens.
Le 30 mai vers 18 heures, les derniers elements, orientes par la batterie Leccia, atteignent Ali Sabieh ou les refugies sont pris en charge par l'AND et par le Haut Commissariat aux Refugies. La plupart rejoindrons la region de Dire Dawa, dans l'est de l'Ethiopie.